En route vers moins de plastique

Ce samedi 15 septembre a eu lieu le world cleaning day. L’idée : une journée mondiale de ramassage des déchets pour sensibiliser sur ce thème. Ici au Vietnam, c’est d’autant plus d’actualité que les déchets sont partout. Et le plastique est au cœur des débats et des initiatives vertes. Quelques idées pour mieux consommer …

C’est un sujet « mondial » mais ici, c’est une vraie préoccupation, en tout cas pour ceux qui viennent vivre au Vietnam ou viennent y passer des vacances : la gestion des déchets. Je ne parle même pas des dernières étapes sur leur traitement ou leur conservation/destruction ou encore leur enfouissement, je parle simplement de la collecte.

Malheureusement, le système de ramassage des déchets est soit inexistant soit inefficace soit encore à ses balbutiements. Je parle précisément de Ho Chi Minh City et tout particulièrement du quartier de Thao Dien.

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En fait c’est simple : soit vous habitez dans une grande résidence et les déchets sont collectés par la résidence, soit vous habitez dans un compound où là aussi il y a un ramassage de prévu, parfois même avec des poubelles plastiques, soit le reste du temps, et en particulier dans la rue, il y a des déchets partout.

Poubelle polystyrene saigon ho chi minh city vietnam

On trouve aussi beaucoup de caisses en polystyrène qui font office de poubelles. Mais il n’y a pas, ou très peu de poubelles « publiques » ou municipales. Résultat, les déchets s’accumulent partout. Si vous avez pris une boisson à emporter, vous aurez le droit de la conserver jusqu’à ce que vous soyez rentré chez vous. Pour certains cela semble être insurmontable vu les déchets que l’on trouve sur le bord des rues et des chemins.

Dechets Ho Chi Minh City Vietnam zero waste

Donc, premier sujet : comment reprocher aux habitants de jeter par terre s’il n’y a pas de poubelles dans les rues ? On peut se dire que c’est une question d’éducation, de respect des autres et de la planète, ou même tout simplement de respect de son propre environnement. Ou bien on peut se dire que c’est culturel : ici, on ne rentre pas avec ses chaussures chez soi et on passe beaucoup de temps à balayer, à nettoyer. Mais on jette tout par terre.

Aucun jugement ici, pour avoir vécu longtemps à Paris, poubelles ou pas, ça n’empêche pas les gens de jeter par terre. J’ai un jour croisé quelqu’un qui venait de récupérer un petit flyer sous son essuie-glaces. Il l’a aussitôt jeté par terre. Quand je lui ai dit que ça ne se faisait pas de jeter ça comme ça par terre, il m’a tout simplement répondu « ce n’est pas de ma faute, ce n’est pas moi qui l’ai mis sous mon essuie-glace ». J’ai espéré que ce n’était pas ce qu’il allait enseigner à ses enfants s’il en avait.

Mais revenons ici. On jette « tout » quoi par terre ? C’est là le deuxième sujet. On est clairement sur-consommateurs de plastiques. Quand vous prenez une boisson à emporter, vous allez avoir droit au gobelet bien sûr, à son couvercle, parfois même à un petit accessoire pour le fermer, mais aussi à une paille, et enfin à un petit sachet plastique pour le transporter.

 

Gobelet Heekcaa Saigon noplastic

Achetez un petit beignet frit à une vendeuse dans la rue, elle vous le donne dans … un sachet en plastique. Devant les vendeurs de recharges de téléphone, vous allez trouver ces recharges usagées par terre. Des bouteilles plastiques partout. Des boîtes, des sacs, des morceaux de mannequins dans des sacs ?! Car s’il n’y a pas de ramassage des déchets du quotidien, autant dire que c’est pire pour les encombrants. Et une tête de mannequin, ça encombre …

Poubelle décharge.jpg

Le bonne nouvelle, c’est que les choses semblent bouger. D’abord avec ces fameux cleaning days, souvent organisés par des écoles, régulièrement par les écoles internationales; mais pas seulement, et dont le but est de sensibiliser.

La seule question que je me pose, c’est dans quelle mesure on peut faire changer les habitudes, j’allais presque dire les coutumes avec des cleaning days. J’espère que cela fait partie des choses que les écoles ici peuvent apprendre à leurs élèves.

Ensuite, certains magasins abandonnent petit à petit les sacs plastiques. Là encore les courses sont mises dans des sacs plastiques pour certains encore très épais, et les produits frais comme la viande, qui sont souvent déjà emballés, sont mis dans de plus petits sacs plastiques puis dans le grand sac plastique, sans doute pour les protéger des autres aliments.

Encore plus ironique, souvent, les produits bio sont sur-emballés, sachets plastiques épais et refermables, barquettes plastifiées, c’est à croire qu’il faut choisir entre bio trop emballé et conventionnel trop chimique.

fruit bio emballage plastique

Quelques initiatives de magasins poussent cependant les consommateurs à rapporter leurs sacs en échange d’un petit discount. On voit également de plus en plus de sacs réutilisables, mais c’est vraiment tout récent.

Organik shop return plastic bags

En France les distributeurs se sont attaqués au problème il y a longtemps, avec les centres E. Leclerc comme tête de pont. Ils ont été les premiers à retirer les sacs plastiques des caisses. Aujourd’hui, ils semblent prêts à arrêter vendre de la vaisselle en plastique dans leurs magasins d’ici peu, entament des négociations avec leurs fournisseurs pour réduire l’utilisation du plastique d’emballage et font des tests de réintroduction de la consigne sur le verre et le plastique. En mai, Carrefour s’est de son côté engagé à supprimer d’ici à 2025 les emballages en plastique non-recyclable des fruits et légumes Carrefour Bio. Et les enseignes commencent à supprimer les tickets de caisse en les remplaçant par des mails, ce qui bien sûr leur permet aussi de récupérer des données clients. Ici, ça démarre seulement.

Et ça ne concerne évidemment pas tous les petits magasins et toutes les petites échoppes traditionnelles qui se servent quasi exclusivement de plastique.

Les restaurants s’y mettent aussi, et dans un pays où l’on achète beaucoup de repas tout prêts, sans même descendre de son scooter, c’est un vrai challenge. Certains restaurants vous offrent désormais une remise quand vous venez avec votre propre boîte. Il faut imaginer, surtout lorsque vous prenez des repas à emporter que l’on va vous livrer votre repas dans une boîte plastique, parfois, elle est recouverte de papier sulfurisé (sans doute pour éviter les fuites), et elle est livrée dans des sacs en plastique.

Thai Street

D’autres, c’est la tendance du moment, ont arrêté d’utiliser des pailles en plastique et les remplacent par des pailles en bambou ou en métal. Les hôtels Marriott viennent de communiquer sur le fait qu’ils arrêteraient d’en utiliser dans leurs 6 500 hôtels d’ici à la fin de l’année prochaine, et ce n’est pas rien puisqu’on estime que cela éliminera un un milliard de pailles plastiques.

D’autres enfin, sur Vietnammm notamment, une application pour se faire livrer ses repas chez soi du type Just’eat, Deliveroo ou Ubereats, certains restaurants vous demandent, pour chaque plat acheté, si vous souhaitez recevoir des couverts en plastique ou si ce n’est pas nécessaire. Bonne idée si l’on pense au nombre de fois où l’on a jeté les baguettes en bois des livreurs de sushi.

Alors que faire d’autre ? Comment consommer moins de plastique au quotidien ? Je me dis que les petites choses que l’on peut faire sans pour autant faire la révolution dans son quotidien ne sont pas qu’une goutte d’eau dans l’océan. Il faut bien commencer quelque part, et par exemple :

1 // Utiliser des filets pour ses fruits et légumes. Jusqu’ici, j’utilisais déjà un unique sac en plastique pour tous mes fruits, ce filet est un pas supplémentaire

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Exemple chez Zero Waste Saigon

2 // Utiliser des sacs recyclables et réutilisables, soit des cabas, soit les jolis sacs comme le propose Monoprix. Et éviter au maximum de prendre ses courses dans des sacs en plastique

3 // Oublier les bouteilles plastiques et utiliser des petits thermos, des bouteilles en métal ou même des gourdes à l’ancienne, pas de doute qu’elles reviendront vite à la mode. L’Occitane offrait ces très jolies bouteilles de 24Bottles au printemps, légères, jolies, vraiment parfaites

Gourde l'occitane

4 // Apporter ses propres boîtes et/ou acheter en vrac quand c’est possible

5 // Refuser les pailles et autres contenants et sacs non indispensables. Pour l’instant je ne suis pas encore complètement convaincue des pailles en bambou, et en fait, plus que de remplacer les pailles plastiques par des pailles en bambou j’opterais plutôt pour … ne pas utiliser de pailles du tout

6 // Ne pas jeter les sacs plastiques qu’on nous donne et les utiliser comme sacs poubelles

7 // Côté baby, au-delà de l’allaitement qui limite naturellement les déchets, utiliser des petites gourdes réutilisables façon pom’potes. On les trouve entre autre chez Squiz, petite entreprise française très sensible à l’environnement. On fait soi même ses compotes ou ses purées et on évite les déchets

Squiz.png

Ce n’est qu’un début mais c’est simple et ça ne coûte rien. Et si ça peut contribuer à utiliser moins de plastique et à réduire la quantité de déchets ambiants, il faut le faire …

Pour finir, je creuserai bientôt pour mieux comprendre l’association Zero Waste, que l’on trouve un peu partout dans le monde. Je n’ai pas encore compris s’il s’agissait d’une ou plusieurs associations, si c’était mondial ou multi-local, mais je les suis et ici au Vietnam Zero Waste Saigon est assez actif. Cet article de Asia Life donne déjà quelques clés.

A suivre donc …

 

 

 

 

 

 

 

 

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